Demander une journée pour l’Aïd, Yom Kippour, Rosh Hashana ou une autre fête religieuse n’est pas juridiquement équivalent à demander à ne pas travailler un jour férié légal. Dans une entreprise privée, ces fêtes ne créent pas automatiquement un droit à l’absence. Le salarié peut néanmoins demander un congé, un RTT ou une autorisation, tandis que l’employeur doit prendre sa décision pour des raisons liées au fonctionnement de l’entreprise et non en fonction d’un jugement sur les convictions du salarié.
Une fête religieuse donne-t-elle automatiquement droit à un congé ?
Non. L’employeur peut refuser une demande lorsque des contraintes professionnelles objectives le justifient. Il est donc utile de formuler la demande suffisamment tôt et, lorsque cela est possible, de proposer une solution compatible avec l’organisation du service.
Le refus devient problématique lorsqu’il révèle une différence de traitement
Un refus n’est pas discriminatoire par nature. En revanche, des propos sur la religion, une différence de traitement inexpliquée ou une sanction qui vise en réalité les convictions du salarié peuvent modifier totalement l’analyse. Les mails, messages et comparaisons avec les décisions prises pour d’autres salariés deviennent alors des éléments importants.
Lorsque ces indices existent, la situation se rapproche d’un dossier de discrimination au travail.
Ramadan : une difficulté différente
Le Ramadan dure plusieurs semaines et les questions portent davantage sur les horaires, les pauses, l’organisation du poste ou une demande ponctuelle d’aménagement. Les difficultés liées au Ramadan au travail doivent donc être appréciées à partir des contraintes concrètes du poste et des motifs avancés par l’employeur.
Comment préparer une demande lorsque le conflit est déjà installé ?
Il faut éviter les échanges imprécis ou purement oraux. Une demande écrite permet d’exposer la date, le type de congé sollicité et, si nécessaire, les solutions proposées. Si l’employeur répond de manière agressive, discriminatoire ou prononce une sanction, le salarié doit conserver l’intégralité des échanges.
Le Cabinet Ngawa peut analyser le contexte, préparer une lettre que le salarié adresse lui-même, intervenir officiellement ou contester une sanction. Lorsque les éléments permettent de caractériser une discrimination, une action devant le conseil de prud’hommes peut également être envisagée.
