Le 1er mai occupe une place particulière dans le droit du travail. Contrairement aux autres jours fériés, il est en principe obligatoirement chômé. Certains établissements et services peuvent néanmoins maintenir leur activité lorsque la nature de leur travail ne permet pas de l’interrompre. Pour les salariés concernés, la question la plus fréquente apparaît souvent au moment de recevoir le bulletin de paie.
Travailler le 1er mai reste l’exception
Le simple fait qu’une entreprise souhaite ouvrir ne suffit pas toujours à placer le 1er mai au même niveau qu’un dimanche ou qu’un autre jour férié. Le régime légal vise les activités qui, par leur nature, ne peuvent interrompre le travail. C’est pourquoi la situation doit être appréciée en fonction de l’activité réelle de l’établissement.
Comment doit être payé le 1er mai travaillé ?
Le salarié qui travaille le 1er mai a droit, en plus de son salaire habituel correspondant au travail accompli, à une indemnité d’un montant égal à ce salaire. Dans la pratique, on parle souvent de « paiement double ». Il est donc utile de conserver le planning, le relevé d’heures et le bulletin de paie afin de vérifier que toutes les heures effectuées ce jour-là ont bien été prises en compte.
Cette règle ne doit pas être transposée automatiquement à Noël, au Jour de l’An ou au 15 août. Pour ces autres dates, une éventuelle majoration du jour férié travaillé dépend fréquemment de la convention collective, d’un accord ou d’un usage.
Caissière, restauration, sécurité : les mêmes pièces deviennent essentielles
Dans les secteurs où le travail pendant les jours fériés est fréquent, le conflit vient parfois d’un simple décalage entre le planning et la paie. Une salariée peut avoir travaillé plusieurs heures le 1er mai sans que la ligne correspondante apparaisse clairement. Dans d’autres cas, l’employeur applique une prime qui ne correspond pas au régime légal.
Avant toute réclamation, il faut donc reconstituer les heures réellement travaillées et vérifier les sommes versées. Lorsque plusieurs éléments de rémunération sont en cause, l’analyse peut rejoindre celle d’un rappel de salaire impayé.
Le droit au paiement spécifique du 1er mai ne dispense pas le salarié de démontrer qu’il a effectivement travaillé ce jour-là lorsque l’employeur le conteste.
La cour d’appel de Paris l’a illustré le 18 février 2026 (n° 22/05753). Un salarié réclamait un rappel de salaire au titre des 1ers mai 2018 et 2019. Pour l’une de ces journées, les pièces qu’il produisait ne permettaient pas d’établir qu’il se trouvait réellement au travail. Sa demande de rappel a donc été rejetée.
Dans un dossier de ce type, le bulletin de paie ne suffit donc pas toujours. Il est utile de conserver le planning diffusé avant la journée, un relevé d’heures, des échanges professionnels datés, un badgeage, des messages avec le responsable ou tout autre élément permettant de replacer le salarié sur son lieu de travail le 1er mai concerné.
Que faire si l’employeur refuse de régulariser ?
Une demande écrite et précise permet souvent de poser le problème correctement : date, nombre d’heures, bulletin concerné et montant réclamé. Le Cabinet Ngawa peut contrôler les pièces, chiffrer le rappel, préparer une lettre que le salarié adresse lui-même à l’employeur ou intervenir directement lorsque le refus persiste.
Si la contestation de la paie entraîne ensuite des pressions, une sanction ou un licenciement, le dossier change de nature. Il faut alors préserver les échanges et analyser rapidement le lien entre la réclamation salariale et la mesure prise par l’employeur.
Référence officielle
Service-Public — jours fériés et ponts dans le secteur privé
