La rupture conventionnelle en boulangerie-pâtisserie artisanale permet à un boulanger, un pâtissier, un tourier, un préparateur, un livreur ou une vendeuse employé en CDI de quitter l’entreprise dans un cadre négocié. Elle offre généralement plus de sécurité qu’une démission : elle prévoit une indemnité de rupture et permet, sous réserve d’en remplir les conditions d’accès à l’allocation chômage, de percevoir l’aide au retour à l’emploi.
Dans une petite boulangerie, la relation de travail devient souvent très personnelle. Le salarié travaille chaque jour aux côtés du patron, parfois de membres de sa famille, dans un espace réduit et sous de fortes contraintes : travail de nuit, horaires matinaux, dimanches, jours fériés, chaleur du fournil, cadence de production et remplacement difficile en cas d’absence.
Lorsqu’un conflit survient, le salarié peut être poussé à démissionner rapidement ou se voir présenter une rupture conventionnelle rédigée par le seul employeur ou son comptable. À l’inverse, l’employeur peut refuser toute négociation et engager un licenciement pour absence, faute grave, insuffisance professionnelle, erreur de caisse ou non-respect des règles d’hygiène. Avant de signer ou de contester, il faut identifier la convention collective applicable, vérifier les salaires et les horaires, calculer les indemnités et évaluer le risque d’un éventuel licenciement.
Le Cabinet Ngawa, avocat en droit du travail à Paris, défend les salariés des boulangeries artisanales, des pâtisseries, des chaînes de boulangerie et des rayons boulangerie-pâtisserie de la grande distribution, pour négocier une rupture conventionnelle, en vérifier l’indemnité ou contester un licenciement devant le conseil de prud’hommes.
Sommaire
- Quelle convention collective s’applique au salarié d’une boulangerie ?
- Qui peut signer une rupture conventionnelle en boulangerie ?
- La rupture peut-elle être imposée au boulanger ou à la vendeuse ?
- Comment négocier une rupture conventionnelle dans une boulangerie ?
- Les étapes de la rupture conventionnelle
- Existe-t-il un préavis en cas de rupture conventionnelle ?
- Quelle indemnité pour une rupture conventionnelle en boulangerie ?
- Heures de nuit, dimanches et heures supplémentaires : quel effet sur la négociation ?
- Rupture conventionnelle d’une vendeuse en boulangerie
- Quels licenciements concernent les boulangers et pâtissiers ?
- Licenciement d’un boulanger en grande surface
- Comment contester un licenciement en boulangerie ?
- Que faire avant de signer ou après une convocation ?
- Questions Fréquentes
- Avocat rupture conventionnelle et licenciement en boulangerie
Quelle convention collective s’applique au salarié d’une boulangerie ?
La convention collective ne dépend pas uniquement du métier exercé. Un salarié qui fabrique du pain peut relever de conventions différentes selon l’activité principale de l’entreprise qui l’emploie. Il faut examiner :
- le nom de l’employeur inscrit sur le contrat ;
- l’activité principale de l’entreprise ;
- le code APE ou NAF, qui constitue un indice sans être toujours décisif ;
- l’intitulé de la convention collective figurant sur le bulletin de paie ;
- le numéro IDCC ;
- l’activité réellement exercée par l’entreprise.
Boulangerie-pâtisserie artisanale : IDCC 843
Les boulangeries et boulangeries-pâtisseries artisanales relèvent normalement de la convention collective nationale de la boulangerie-pâtisserie du 19 mars 1976, IDCC 843. Elle s’applique aux entreprises artisanales dont l’activité principale consiste à fabriquer et vendre, principalement au consommateur final, du pain, de la viennoiserie et de la pâtisserie (production de pain inférieure à 5 400 quintaux par an et vente directe, par opposition à la boulangerie industrielle).
Cette convention couvre le personnel de fabrication, mais aussi le personnel de vente employé par la boulangerie : vendeuse, vendeur, responsable de magasin ou salarié polyvalent. Une vendeuse qui encaisse, prépare les sandwichs, met en rayon et nettoie l’espace de vente peut donc relever de la même convention que le boulanger travaillant au fournil, dès lors qu’ils sont employés par la même boulangerie artisanale.
La convention fait régulièrement l’objet d’avenants nationaux ou territoriaux, notamment sur les salaires. Il ne faut pas utiliser un ancien tableau trouvé sur Internet sans vérifier sa date, son extension et la région concernée.
Boulanger employé dans un supermarché ou un hypermarché
Un boulanger employé directement par une enseigne de la grande distribution ne relève généralement pas de l’IDCC 843 du seul fait qu’il fabrique du pain. Lorsque l’activité principale de l’employeur est le commerce alimentaire de grande surface, la convention applicable est le plus souvent la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, IDCC 2216, qui prévoit des classifications pour les fonctions de vente, de préparation, de transformation et de fabrication exercées en magasin.
Le bulletin de paie permet généralement d’identifier la convention retenue. Une erreur reste possible, notamment lorsqu’un rayon est exploité par une société juridiquement distincte, un franchisé ou un prestataire.
Chaîne ou unité industrielle de boulangerie
Une entreprise qui fabrique industriellement pains, viennoiseries ou pâtisseries peut relever du champ des activités industrielles de boulangerie-pâtisserie, historiquement identifié par l’IDCC 1747. Cette branche a été réorganisée : la convention collective nationale des activités industrielles de boulangerie-pâtisserie et des professionnels de l’œuf du 1er octobre 2024 (IDCC 3255) l’a remplacée, étendue par arrêté du 20 novembre 2025 et applicable à compter du 1er décembre 2025. Il faut donc éviter de transposer automatiquement à une usine ou à un site industriel les règles de la boulangerie artisanale.
Qui peut signer une rupture conventionnelle en boulangerie ?
La rupture conventionnelle individuelle prévue par les articles L.1237-11 et suivants du Code du travail concerne le salarié en CDI. Un boulanger, un pâtissier, un préparateur ou une vendeuse en CDI peut donc conclure une rupture conventionnelle, à temps plein comme à temps partiel.
En revanche, la rupture conventionnelle homologuée n’est pas le mode normal de rupture d’un CDD, d’un contrat d’apprentissage, d’un contrat de professionnalisation à durée déterminée ou d’un contrat de travail temporaire. Un CDD peut être rompu d’un commun accord, mais selon un autre régime ; un contrat d’apprentissage peut être rompu d’un commun accord, par écrit, après les quarante-cinq premiers jours de formation pratique, sans qu’il s’agisse d’une rupture conventionnelle homologuée.
En résumé, apprentis et salariés en CDD ne bénéficient pas de la rupture conventionnelle homologuée du CDI, sans que toute rupture amiable du contrat de travail leur soit pour autant fermée : elle relève simplement d’un autre cadre juridique.
La rupture conventionnelle peut-elle être imposée au boulanger ou à la vendeuse ?
Non. La rupture conventionnelle ne peut être imposée ni par l’employeur ni par le salarié. Le salarié ne peut pas obliger le patron de la boulangerie à l’accepter ; inversement, l’employeur ne peut pas imposer la signature en menaçant le salarié de licenciement, en lui demandant de signer immédiatement ou en dissimulant les conséquences du document. Plusieurs situations doivent alerter :
- le salarié reçoit le formulaire déjà rempli et doit signer dans l’arrière-boutique ;
- l’employeur affirme que la rupture conventionnelle est obligatoire ;
- aucune discussion réelle n’a eu lieu sur l’indemnité ou la date de départ ;
- le salarié ne reçoit pas son exemplaire signé ;
- l’employeur menace de déposer plainte ou de prononcer une faute grave ;
- la salariée signe alors qu’elle est fragilisée par un harcèlement ou un état de santé grave ;
- la rupture sert à éviter une procédure de licenciement économique ou d’inaptitude.
L’existence d’un conflit n’annule toutefois pas automatiquement la rupture conventionnelle. La Cour de cassation juge que des faits de harcèlement moral ne suffisent pas, à eux seuls, à entraîner sa nullité si le salarié ne démontre pas que son consentement a été vicié (Cass. soc., 23 janvier 2019, n° 17-21.550). Il faut donc rechercher concrètement des pressions, des violences, des menaces, une tromperie ou une situation ayant privé le salarié de sa liberté de décision.
Comment négocier une rupture conventionnelle dans une boulangerie ?
Dans une petite entreprise, la demande est souvent formulée oralement. Il est néanmoins préférable de préparer la négociation avant d’en parler au patron. Le salarié doit déterminer :
- la date de départ souhaitée ;
- le montant minimum légal ou conventionnel ;
- le montant supplémentaire qu’il souhaite négocier ;
- les heures supplémentaires et primes restant dues ;
- les congés payés non pris ;
- la situation d’une éventuelle clause de non-concurrence ;
- les documents et témoignages qu’il peut conserver ;
- les conséquences d’un refus de l’employeur.
Une rupture conventionnelle n’est pas un simple formulaire administratif : c’est une négociation globale sur les conditions du départ. Le rapport de force diffère selon que le salarié souhaite simplement changer d’emploi ou qu’il dispose de réclamations sérieuses : heures de nuit non majorées, heures supplémentaires impayées, repos non respecté, travail dissimulé, harcèlement, discrimination, modification des horaires ou risque de licenciement injustifié. Ces éléments ne doivent pas servir à exercer une menace illégitime ; ils permettent en revanche à l’avocat d’évaluer le risque judiciaire de l’employeur et de négocier une indemnité cohérente.
Le Cabinet Ngawa peut intervenir en amont pour préparer ou conduire la négociation. Consultez la page consacrée à la rupture conventionnelle d’un CDI.
Quelles sont les étapes de la rupture conventionnelle ?
Un ou plusieurs entretiens
L’article L.1237-12 du Code du travail prévoit un ou plusieurs entretiens au cours desquels les parties conviennent du principe et des conditions de la rupture. Aucun formalisme comparable à une convocation de licenciement n’est imposé, mais l’entretien doit être réel : le salarié doit pouvoir discuter de la date de rupture et du montant de l’indemnité. Le salarié peut se faire assister ; lorsqu’il n’existe pas de représentant du personnel dans la boulangerie, il peut recourir à un conseiller du salarié. L’employeur ne peut être assisté que si le salarié l’est également.
La signature de la convention
La convention mentionne notamment l’identité des parties, la rémunération du salarié, son ancienneté, le montant de l’indemnité spécifique, la date envisagée de rupture et la fin du délai de rétractation. La saisie et la demande d’homologation sont normalement réalisées via le téléservice officiel TéléRC ; un formulaire papier n’est admis que dans certaines situations particulières, notamment lorsqu’une partie n’est pas en mesure d’utiliser le téléservice.
La remise d’un exemplaire au salarié
Le salarié doit recevoir un exemplaire de la convention signé par les deux parties. Cette formalité est essentielle : elle lui permet de connaître les conditions de la rupture et d’exercer son droit de rétractation. La Cour de cassation juge que l’absence de remise d’un exemplaire au salarié entraîne la nullité de la rupture conventionnelle (Cass. soc., 6 février 2013, n° 11-27.000). Le salarié doit conserver son exemplaire, l’accusé de dépôt TéléRC et la décision d’homologation.
Le délai de rétractation
Chaque partie dispose de quinze jours calendaires pour se rétracter, à compter du lendemain de la signature. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. La rétractation n’a pas à être motivée ; pour en conserver la preuve, elle doit être transmise par lettre recommandée avec avis de réception ou par remise en main propre contre décharge.
L’homologation administrative
Après la fin du délai de rétractation, la demande est transmise à l’administration du travail (DDETS), généralement via TéléRC. Ce délai de quinze jours ouvrables est décompté à partir du lendemain de la réception de la demande — et non en jours calendaires. Le silence de l’administration à l’expiration du délai vaut homologation. La date de rupture est celle prévue dans la convention, à condition qu’elle ne soit pas antérieure au lendemain de l’homologation, qu’elle soit expresse ou tacite. La procédure actualisée est présentée sur la fiche officielle Rupture conventionnelle d’un salarié du secteur privé.
Le salarié protégé
Pour un membre du CSE, un délégué syndical ou un autre salarié bénéficiant d’une protection, l’homologation est remplacée par une autorisation de l’inspecteur du travail. La procédure TéléRC ordinaire ne s’applique pas.
Existe-t-il un préavis en cas de rupture conventionnelle ?
Non. Il n’existe pas de préavis légal de rupture conventionnelle. Le salarié continue normalement à travailler jusqu’à la date de rupture fixée dans la convention et conserve, pendant cette période, son salaire et les droits liés à l’exécution du contrat. Il peut, selon la situation, effectuer ses horaires habituels, prendre des congés avec l’accord de l’employeur, être placé en arrêt maladie, effectuer des heures supplémentaires ou percevoir ses primes et majorations.
La date ne doit toutefois pas être fixée avant l’achèvement de la procédure d’homologation. Le contrat n’est pas automatiquement prolongé parce que le salarié est en congé ou en arrêt à la date convenue. Une situation particulière doit néanmoins être examinée avant la signature, notamment en présence d’un accident du travail, d’une inaptitude, d’une grossesse ou d’un harcèlement.
Quelle indemnité pour une rupture conventionnelle en boulangerie ?
Le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, quelle que soit son ancienneté. Son montant ne peut pas être inférieur au minimum légal ou au minimum conventionnel lorsqu’il est plus favorable. Il faut donc vérifier la convention collective réellement applicable et ne pas calculer systématiquement l’indemnité à partir de l’IDCC 843. Le minimum légal correspond à :
- un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à dix ans ;
- un tiers de mois de salaire par année au-delà de dix ans.
Les années incomplètes sont prises en compte proportionnellement aux mois complets. Le salaire de référence est calculé selon la formule la plus avantageuse entre la moyenne des douze derniers mois précédant la rupture (ou, si l’ancienneté est inférieure, la moyenne des mois travaillés) et le tiers des trois derniers mois, avec réintégration proportionnelle des primes annuelles ou exceptionnelles. En présence d’un arrêt maladie récent ou d’une rémunération irrégulière, le calcul doit être contrôlé afin de ne pas retenir artificiellement un salaire diminué.
Le minimum n’est pas un maximum. Une somme supérieure peut être négociée en tenant compte de l’ancienneté, du salaire réel, des horaires difficiles, des créances salariales, des risques de licenciement, des manquements de l’employeur, des perspectives de retour à l’emploi et du différé d’indemnisation de France Travail. Le salarié doit également recevoir, selon sa situation, le salaire restant dû, l’indemnité compensatrice de congés payés, les primes acquises, les heures supplémentaires ou majorations impayées et les documents de fin de contrat.
Heures de nuit, dimanches et heures supplémentaires : quel effet sur la négociation ?
Les contraintes horaires sont centrales dans le secteur. Un boulanger peut commencer avant l’aube, travailler le dimanche ou dépasser régulièrement l’horaire inscrit sur son contrat. Une vendeuse peut effectuer l’ouverture, la fermeture, le nettoyage, la préparation des commandes ou la caisse en dehors des horaires officiellement comptabilisés. Avant de signer, il faut vérifier :
- les plannings ;
- les relevés de pointage ;
- les messages transmettant les horaires ;
- les heures d’arrivée et de départ ;
- les majorations prévues par la convention ;
- les dimanches et jours fériés travaillés ;
- les temps de pause ;
- les heures de nettoyage et de fermeture ;
- les avantages en nature éventuellement déduits.
Une rupture conventionnelle ne fait pas automatiquement disparaître les créances salariales antérieures. Mais une transaction distincte ou une clause mal comprise peut modifier la situation : il est donc prudent de faire chiffrer les sommes avant de signer. En cas d’emploi non déclaré ou d’heures volontairement dissimulées, consultez la page sur le travail dissimulé et les salaires impayés.
Rupture conventionnelle d’une vendeuse en boulangerie
La vendeuse en boulangerie est exposée à des difficultés spécifiques : amplitude importante entre l’ouverture et la fermeture, temps partiel avec horaires changeants, coupures dans la journée, travail dominical, caisse tenue par plusieurs personnes, invendus et écarts de stock, pression commerciale, tâches de nettoyage non comptabilisées, conflits avec des clients et polyvalence entre vente, préparation et entretien.
L’employeur peut reprocher à la vendeuse un écart de caisse, une remise accordée à un client, un produit offert, un retard, une tenue jugée inadaptée ou un manquement aux règles d’hygiène. Ces reproches ne constituent pas automatiquement une faute grave : l’employeur doit établir des faits précis et imputables à la salariée. Un écart de caisse ne prouve pas un vol si plusieurs salariés utilisent la même caisse ou si l’organisation interne ne permet pas d’identifier l’auteur. La page consacrée au licenciement d’une caissière et aux erreurs de caisse apporte des explications complémentaires applicables à de nombreux dossiers de vente en boulangerie.
Quels licenciements concernent les boulangers et pâtissiers ?
Licenciement pour faute grave
L’employeur peut invoquer une faute grave après des absences injustifiées, un abandon de poste en cours de production, des violences ou menaces, un vol démontré, une insubordination, des manquements répétés aux règles d’hygiène, une consommation d’alcool compromettant la sécurité ou un refus délibéré d’exécuter les tâches contractuelles. La faute grave n’est jamais automatique : elle doit rendre impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, même pendant le préavis, et sa preuve incombe à l’employeur. L’ancienneté, les avertissements antérieurs, le contexte, les horaires imposés, l’état de santé, la réalité des consignes et la proportion de la sanction doivent être examinés. La page licenciement pour faute grave explique les indemnités et les moyens de contestation.
Insuffisance professionnelle
Un employeur peut reprocher au boulanger une qualité insuffisante, des cuissons ratées, une cadence trop faible ou une mauvaise organisation. L’insuffisance professionnelle n’est normalement pas une faute disciplinaire : l’employeur doit démontrer des insuffisances objectives, durables et imputables au salarié, en tenant compte de sa qualification, de sa formation, du matériel, du sous-effectif et des consignes reçues. Un salarié ne peut pas être licencié pour ne pas avoir atteint un niveau qui ne correspond pas à son poste ou faute d’avoir reçu une formation adaptée.
Licenciement pour inaptitude
Les métiers du fournil exposent aux douleurs articulaires, allergies aux farines, troubles respiratoires, manutentions, brûlures et troubles musculosquelettiques. Seul le médecin du travail peut constater l’inaptitude ; l’employeur doit ensuite rechercher un reclassement, sauf dispense légale expressément mentionnée dans l’avis. L’inaptitude ne doit pas être confondue avec une simple incapacité temporaire ou un arrêt maladie.
Licenciement économique
Une baisse d’activité, une fermeture ou des difficultés économiques peuvent conduire à un licenciement économique. L’employeur doit établir un motif économique répondant au Code du travail, rechercher les possibilités de reclassement et appliquer les critères d’ordre lorsqu’ils sont requis. Une rupture conventionnelle ne doit pas servir à priver le salarié des protections attachées à un licenciement économique, notamment du contrat de sécurisation professionnelle lorsqu’il est applicable.
Licenciement d’un boulanger en grande surface
Le boulanger de grande surface peut être soumis à une organisation très différente de celle d’un artisan : équipe plus importante, badgeuse, objectifs de production, procédures d’hygiène formalisées, chaîne hiérarchique, polyvalence imposée, changements de rayon ou d’horaires, accord d’entreprise, vidéosurveillance et règlement intérieur. Le licenciement doit être examiné à partir de la convention de la grande distribution, des accords de l’entreprise et des procédures internes.
Des enseignes différentes peuvent aussi avoir des organisations juridiques différentes. Un magasin peut être exploité par une société indépendante : il ne suffit donc pas de connaître le nom de l’enseigne, il faut identifier l’employeur exact inscrit sur le bulletin de paie. Lorsque le salarié est de nationalité étrangère, des règles particulières peuvent s’ajouter : voir le licenciement d’un salarié étranger. Le salarié doit conserver son contrat et ses avenants, ses bulletins de salaire, les plannings, les relevés de badgeage, les avertissements, les objectifs et fiches de poste, la convocation, la lettre de licenciement et les échanges avec le responsable de rayon.
Comment contester un licenciement en boulangerie ?
Tout licenciement pour motif personnel doit reposer sur une cause réelle et sérieuse. En cas de faute grave, l’employeur doit démontrer la réalité et la gravité des faits ; si un doute subsiste, il profite au salarié conformément à l’article L.1235-1 du Code du travail. La contestation peut porter sur :
- des faits faux ou exagérés ;
- des attestations imprécises ;
- une sanction disproportionnée ;
- des faits déjà sanctionnés ;
- des faits prescrits ;
- une différence de traitement ;
- le non-respect de la procédure ;
- un motif discriminatoire ;
- un licenciement lié à l’état de santé ;
- une insuffisance professionnelle non démontrée ;
- une mise à pied conservatoire injustifiée.
Si la faute grave est écartée, le salarié peut notamment obtenir le préavis, les congés payés sur préavis, l’indemnité de licenciement et le salaire correspondant à la mise à pied conservatoire. Si le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, il peut également obtenir une indemnité tenant compte de son ancienneté et de la situation de l’entreprise. Consultez les pages consacrées à la contestation d’un licenciement et à la saisine du conseil de prud’hommes.
Que faire avant de signer ou après avoir reçu une convocation ?
Le salarié doit rassembler rapidement :
- son contrat de travail et ses avenants ;
- ses douze derniers bulletins de paie ;
- le bulletin mentionnant la convention collective ;
- ses plannings et relevés d’heures ;
- ses échanges avec l’employeur ;
- les avertissements et sanctions ;
- la proposition de rupture conventionnelle ;
- le projet TéléRC ;
- la convocation et la lettre de licenciement ;
- les preuves d’heures supplémentaires ou de pressions.
Il ne faut pas démissionner uniquement parce que l’employeur refuse une rupture conventionnelle : la démission peut faire perdre l’indemnité de rupture et rendre l’accès immédiat à l’allocation chômage beaucoup plus difficile. Il ne faut pas davantage signer un formulaire incomplet, antidaté ou sans en obtenir un exemplaire.
Questions Fréquentes
Une vendeuse en boulangerie peut-elle demander une rupture conventionnelle ?
Oui, si elle est titulaire d’un CDI. Elle peut proposer une rupture conventionnelle à son employeur, mais celui-ci reste libre de l’accepter ou de la refuser : ni le salarié ni l’employeur ne peut l’imposer à l’autre.
La convention collective de la boulangerie artisanale prévoit-elle une procédure particulière ?
Non. La procédure de rupture conventionnelle est fixée par le Code du travail (articles L.1237-11 et suivants). La convention collective sert en revanche à vérifier le calcul de l’ancienneté, des majorations et de l’indemnité minimale lorsqu’elle est plus favorable que l’indemnité légale.
Existe-t-il un préavis en cas de rupture conventionnelle ?
Non. Les parties fixent librement une date de fin de contrat, qui doit seulement respecter le délai de rétractation de quinze jours calendaires puis le délai d’instruction de la demande d’homologation.
Peut-on signer une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?
Oui, sous réserve d’un consentement libre et éclairé et de l’absence de fraude. La situation doit toutefois être examinée avec prudence en cas d’accident du travail, de maladie professionnelle, de harcèlement ou d’altération de l’état de santé.
Un boulanger employé en supermarché relève-t-il de l’IDCC 843 ?
Généralement non lorsqu’il est directement employé par une entreprise de grande distribution : il relève le plus souvent de la convention du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216). C’est l’activité principale de l’employeur, et non le métier, qui détermine la convention applicable. Le bulletin de paie permet de la vérifier.
Un écart de caisse justifie-t-il le licenciement d’une vendeuse ?
Pas automatiquement. L’employeur doit établir la réalité de l’écart et son imputabilité à la salariée. Un écart ne prouve pas un vol lorsque plusieurs personnes utilisent la même caisse. Pour retenir une faute grave, l’employeur doit démontrer une gravité rendant impossible le maintien de la salariée dans l’entreprise.
Un licenciement pour faute grave prive-t-il du chômage ?
Non. Le licenciement pour faute grave ne supprime pas, en lui-même, le droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Il prive principalement le salarié du préavis et de l’indemnité de licenciement.
Quel est le délai pour contester une rupture conventionnelle ?
Tout recours portant sur la convention ou sur son homologation doit être porté devant le conseil de prud’hommes dans les douze mois suivant la date d’homologation.
Avocat pour une rupture conventionnelle ou un licenciement en boulangerie
La rupture d’un contrat dans une boulangerie ne doit pas être réduite au montant indiqué par le comptable. Il faut vérifier la convention collective, l’ancienneté, le salaire de référence, les heures travaillées, les majorations, les congés et les risques d’un éventuel licenciement. Maître Sylvanie Ngawa accompagne les boulangers, pâtissiers, vendeuses, vendeurs, préparateurs et salariés de grande surface pour :
- négocier une indemnité de rupture conventionnelle ;
- contrôler le formulaire et les délais ;
- chiffrer les sommes restant dues ;
- répondre à une convocation ;
- contester une faute grave ;
- saisir le conseil de prud’hommes ;
- rechercher un accord lorsqu’une négociation est préférable.
Une analyse avant la signature permet souvent d’éviter une indemnité sous-évaluée ou une renonciation mal comprise. Après un licenciement, elle permet de distinguer les faits réellement démontrés des affirmations de l’employeur et de chiffrer les demandes prud’homales.
Licenciement, rupture conventionnelle : parlons de votre dossier.Appeler le 06 68 57 01 02
