Cette page présente une sélection de décisions rendues par les cours d’appel en matière de droit du travail, dans des dossiers suivis par le cabinet Ngawa.
Ces décisions concernent notamment des litiges relatifs au licenciement abusif, au licenciement nul, au harcèlement moral ou à la discrimination.
Chaque affaire étant unique, les décisions présentées ci-après ont été intégralement anonymisées et sont librement accessibles sur les sites institutionnels des juridictions.
Les résumés proposés ont pour objectif d’expliquer de manière claire et pédagogique les enjeux juridiques des dossiers et les solutions retenues par les cours d’appel, sans se substituer à une analyse personnalisée.
Ils permettent d’illustrer concrètement l’approche du cabinet et la manière dont les juridictions du second degré apprécient les situations de rupture du contrat de travail.
Résiliation judiciaire et travail dissimulé – Cour d’appel de Paris (1er avril 2025)
Par un arrêt du 1er avril 2025, la Cour d’appel de Paris a infirmé partiellement le jugement du conseil de prud’hommes de Paris et prononcé la résiliation judiciaire du contrat de travail aux torts de l’employeur.
La cour retient que la salariée avait été irrégulièrement soumise à un statut de travailleur détaché, alors qu’elle relevait du régime français de sécurité sociale, caractérisant une dissimulation intentionnelle d’emploi salarié.
Elle juge que ces manquements graves rendaient impossible la poursuite de la relation de travail et décide que la résiliation judiciaire produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
En conséquence, l’employeur est condamné à verser 10 000 € de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, ainsi qu’une indemnité forfaitaire de 39 000 € pour travail dissimulé.
La cour confirme en outre le versement des indemnités de rupture, ordonne la remise des documents de fin de contrat et condamne l’employeur aux dépens et frais de procédure.
Cette décision illustre le contrôle rigoureux exercé par les cours d’appel en matière de résiliation judiciaire et travail dissimulé.
lien direct courdecassation.fr
Licenciement nul pour discrimination et harcèlement moral – Cour d’appel de Paris (18 mars 2025)
La Cour d’appel de Paris, par un arrêt du 18 mars 2025, a infirmé intégralement un jugement du conseil de prud’hommes ayant débouté le salarié de l’ensemble de ses demandes.
La cour retient que le salarié présentait des éléments précis et concordants laissant supposer l’existence d’une discrimination liée à ses origines et à sa religion, ainsi que de faits de harcèlement moral.
Elle constate que l’employeur n’apporte aucun élément objectif permettant de justifier le licenciement par des motifs étrangers à toute discrimination ou harcèlement.
En conséquence, la cour prononce la nullité du licenciement pour faute grave.
Le salarié obtient 35 000 € de dommages et intérêts pour licenciement nul, ainsi que des rappels de salaires, une indemnité de préavis, les congés payés afférents et l’indemnité légale de licenciement.
La décision est déclarée opposable à l’AGS, l’employeur étant en liquidation judiciaire, et la remise d’une attestation France Travail rectifiée est ordonnée.
Cette décision illustre le contrôle rigoureux exercé par la cour d’appel en matière de licenciement nul, discrimination et harcèlement moral.
https://www.courdecassation.fr/decision/67da60da652398501691163b
Licenciement nul pour discrimination et harcèlement moral – Cour d’appel de Paris (18 septembre 2024)
Par un arrêt du 18 septembre 2024, la Cour d’appel de Paris a infirmé le jugement du conseil de prud’hommes de Paris et prononcé la nullité du licenciement pour faute grave d’une salariée.
La cour retient que le licenciement était entaché d’une discrimination en raison de l’état de santé de la salariée et reconnaît l’existence de faits de harcèlement moral.
Elle constate que l’employeur n’apportait aucun élément objectif permettant de justifier la rupture du contrat de travail par des motifs étrangers à toute discrimination.
En conséquence, l’employeur est condamné à verser 15 000 € de dommages et intérêts pour licenciement nul, ainsi que l’indemnité de préavis, les congés payés afférents, l’indemnité légale de licenciement et 2 000 € au titre du harcèlement moral.
La cour ordonne également le remboursement à France Travail de jusqu’à six mois d’allocations chômage et condamne l’employeur aux dépens et frais de procédure.
Cette décision illustre l’appréciation rigoureuse des cours d’appel en matière de licenciement discriminatoire et harcèlement moral.
https://www.courdecassation.fr
Licenciement sans cause réelle et sérieuse pour délai disciplinaire dépassé – Cour d’appel de Paris (7 février 2024)
Par un arrêt du 7 février 2024, la Cour d’appel de Paris a infirmé le jugement du conseil de prud’hommes de Meaux et jugé que le licenciement pour faute grave était dépourvu de cause réelle et sérieuse.
La cour rappelle qu’en matière disciplinaire, le licenciement doit être notifié dans le délai d’un mois suivant la date de l’entretien préalable, sauf demande expresse de report par le salarié.
En l’espèce, l’employeur avait convoqué le salarié à un second entretien sans que celui-ci n’ait sollicité de report, ce qui n’avait pas pour effet de proroger le délai légal.
Le dépassement de ce délai prive le licenciement de toute cause réelle et sérieuse.
En conséquence, l’employeur est condamné à verser une indemnité compensatrice de préavis, les congés payés afférents, une indemnité légale de licenciement et 5 000 € de dommages et intérêts pour licenciement injustifié.
La cour alloue également 2 500 € au titre des frais de procédure et condamne l’employeur aux dépens de première instance et d’appel.
Cette décision illustre l’importance du strict respect des délais disciplinaires en droit du travail.
https://www.courdecassation.fr/decision/65c4856186d70a000846d0de
Prise d’acte requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse – Cour d’appel de Versailles (7 juin 2023)
Par un arrêt du 7 juin 2023, la Cour d’appel de Versailles a confirmé le jugement du conseil de prud’hommes de Nanterre ayant requalifié une prise d’acte de la rupture du contrat de travail en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
La cour retient que l’employeur avait procédé à des retenues excessives et irrégulières sur le salaire de la salariée afin de récupérer un acompte versé lors d’une démission ultérieurement rétractée.
Elle juge que ces retenues, supérieures aux limites légales et imposées sans accord exprès de la salariée, constituaient un manquement grave à l’obligation d’exécution loyale du contrat de travail, rendant impossible la poursuite de la relation contractuelle.
En conséquence, la société est condamnée à verser une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, l’indemnité compensatrice de préavis, les congés payés afférents et l’indemnité légale de licenciement.
La cour ordonne en outre le remboursement à France Travail de jusqu’à six mois d’allocations chômage et condamne l’employeur aux dépens ainsi qu’aux frais de procédure.
Cette décision illustre les conséquences juridiques des retenues salariales illicites et la protection accordée aux salariés en cas de prise d’acte justifiée.
https://www.courdecassation.fr/en/decision/6482c9f1203255d0f8d8e320
Annulation du forfait-jours et rappels d’heures supplémentaires – Cour d’appel de Paris (29 juin 2022)
Par un arrêt du 29 juin 2022, la Cour d’appel de Paris a infirmé partiellement un jugement du conseil de prud’hommes de Paris dans un litige relatif à la durée du travail et à la rémunération d’un salarié cadre.
La cour annule la clause de forfait-jours, estimant que l’accord collectif applicable ne prévoyait aucune modalité effective de suivi de la charge de travail, ni garantie suffisante de protection de la santé et du droit au repos.
En conséquence, elle condamne l’employeur au paiement de rappels d’heures supplémentaires, assortis des congés payés afférents.
La société est également condamnée à verser des rappels de primes (activité et qualité), une indemnité au titre des repos compensateurs non pris, ainsi que des sommes correspondant à des retenues irrégulières sur la rémunération variable.
L’employeur est en outre condamné aux dépens et au paiement d’une indemnité au titre des frais de procédure.
Cette décision illustre l’exigence des cours d’appel en matière de forfait-jours et de contrôle du temps de travail des cadres.
https://www.courdecassation.fr/en/decision/62bd400c57b55769b38b79ac

